Ramonage de cheminée et de poêle : les règles

Poêle à bois noir allumé au centre d'un bow-window, conduit de fumée noir montant au plafond, deux fauteuils en velours vert au premier plan
© Clay Banks / Unsplash

Cheminée ouverte, insert, poêle à bûches ou à granulés : avant la première flambée, le conduit doit avoir été ramoné mécaniquement par un professionnel, au moins une fois par an.

La règle paraît simple, ses détails le sont moins. Le minimum national cohabite avec des règles locales souvent plus exigeantes, le bail désigne qui commande l’intervention et l’attestation remise par le ramoneur sert de preuve en cas de sinistre. Voici les repères pour organiser le ramonage avant les premiers froids, appareil par appareil.

Une fois par an au minimum, souvent deux selon le département

Depuis le 1er octobre 2023, le Code de la santé publique fixe la règle nationale : les conduits de fumée et leurs tuyaux de raccordement sont ramonés au moins tous les douze mois. Elle vaut pour la cheminée à foyer ouvert, l’insert et le poêle, qu’il brûle des bûches ou des granulés. Pour les appareils collectifs, le rythme passe à tous les six mois, dont une fois pendant la période de chauffe.

Ce plancher peut être relevé localement. Le code permet au préfet ou au maire de compléter la règle nationale par arrêté, et c’est souvent le règlement sanitaire départemental qui fixe le rythme réel. Selon Service-Public, deux ramonages par an, dont un en période d’utilisation, sont exigés dans la majorité des départements. Le bon réflexe : consulter le site de la préfecture ou interroger la mairie. Pour une résidence secondaire, c’est la règle de la commune où se trouve la maison qui s’applique.

Une exception concerne les appareils restés éteints : une cheminée ou un poêle qui n’a pas servi du tout pendant au moins douze mois n’a pas à être ramoné pendant cette période. En revanche, le ramonage redevient obligatoire avant toute remise en service. Une maison rouverte après deux hivers sans feu ne se rallume donc pas sur la foi d’une ancienne attestation.

Un vrai ramonage passe par le conduit, pas par une bûche

La réglementation définit le ramonage comme un nettoyage mécanique de la paroi intérieure du conduit, par action directe. Il retire suies et dépôts et garantit que le conduit est libre sur toute sa longueur, raccordements compris. La souche sur le toit et les accessoires du conduit sont vérifiés et, si besoin, remis en état. L’emploi du feu ou d’explosifs pour ramoner est interdit.

Conséquence pratique : une bûche de ramonage ou un produit chimique peut compléter l’entretien si la notice de l’appareil le prévoit, mais il ne réalise pas l’action mécanique exigée et ne donne lieu à aucune attestation. De même, vider le cendrier et nettoyer la vitre relèvent de l’entretien courant : un aspirateur à cendres pour cheminée et poêle à bois facilite ces gestes, sans remplacer le passage du hérisson dans le conduit.

Cheminée ouverte, insert, poêle à granulés : ce qui change selon l’appareil

Le ramonage du conduit concerne tous les foyers. L’entretien de l’appareil est une obligation distincte : les foyers fermés, inserts et poêles à combustible solide, bûches comme granulés, doivent être entretenus au moins une fois tous les douze mois par un professionnel. Il nettoie l’appareil, vérifie son fonctionnement, le règle si nécessaire et contrôle les arrivées d’air. La cheminée à foyer ouvert échappe à cette obligation d’entretien, pas au ramonage, et son utilisateur doit la maintenir en bon état.

Pour un poêle à granulés, l’appareil compte des pièces mobiles et électriques qu’un poêle à bûches n’a pas : la notice du fabricant détaille les points à contrôler et les gestes réservés au technicien. Une seule visite peut regrouper ramonage et entretien, à condition que la facture et l’attestation détaillent les deux opérations. Le professionnel doit aussi vous conseiller sur la qualité du combustible et les améliorations possibles de l’installation. Au moment de prendre rendez-vous, indiquez le type d’appareil, le combustible, la date du dernier passage et l’accès au conduit.

Qui commande le ramonage, et quel budget prévoir

Pour un appareil individuel, le ramonage se fait à l’initiative de l’occupant, sauf clause contraire du bail. En location, le décret du 26 août 1987 sur les réparations locatives range le ramonage des conduits de fumée parmi les dépenses du locataire. Le propriétaire garde la charge des réparations qui dépassent l’entretien courant, comme un conduit fissuré ou un tubage à refaire. Pour un équipement collectif, l’initiative revient au propriétaire, au syndicat des copropriétaires ou à l’exploitant prévu par convention : les occupants doivent être prévenus et laisser l’accès.

Côté budget, les tarifs varient selon la région, la hauteur et l’accès au conduit. L’assureur Groupama indique, dans un guide mis à jour en janvier 2026, une fourchette de 40 à 90 € TTC pour une cheminée à foyer ouvert et de 50 à 130 € TTC pour un insert ou un poêle à bois. Pour un poêle à granulés, ou un ramonage couplé à l’entretien, demandez un devis détaillé. L’intervention doit être confiée à une personne qualifiée au sens du Code de l’artisanat : vérifiez l’identité de l’entreprise avant le rendez-vous.

L’attestation, la pièce à ranger avec les papiers de la maison

Le ramoneur doit remettre une attestation dans les quinze jours ouvrés suivant son passage. Elle précise le ou les conduits ramonés et certifie leur vacuité sur toute la longueur. Vérifiez l’adresse, la date et l’appareil : une maison équipée d’une cheminée et d’un poêle compte souvent deux conduits. Le code impose de la conserver au moins deux ans. Service-Public conseille de la garder cinq ans, comme preuve en cas de sinistre, et de relire les clauses de votre assurance habitation. Selon la même source, ne pas faire ramoner expose à une amende de 450 €.

Après un feu de cheminée, un accident ou des travaux, l’utilisation du conduit et de l’appareil est interdite jusqu’à leur remise en état, et l’installation doit être examinée par une personne qualifiée qui établit une attestation. Entre deux visites, certains signes justifient d’éteindre et d’appeler un professionnel : fumée qui refoule dans la pièce, odeur inhabituelle, traces de suie autour du raccordement, tirage qui change. Santé publique France rappelle qu’un appareil mal entretenu peut dégager du monoxyde de carbone et qu’il ne faut jamais obstruer les entrées d’air : pour une pièce saine, mieux vaut aérer en hiver sans perdre de chaleur que calfeutrer les grilles.

Avant la première flambée, cinq vérifications suffisent :

  • retrouver la date du dernier ramonage et l’attestation correspondante ;
  • consulter la règle de votre département ou de votre commune ;
  • prendre rendez-vous pour le ramonage et, pour un foyer fermé ou un poêle, l’entretien de l’appareil ;
  • contrôler l’attestation à réception et la ranger avec la facture ;
  • faire examiner l’installation après tout feu de cheminée, refoulement ou travaux sur le conduit.

Une fois le conduit en ordre, reste à soigner le reste de la maison : cinq marques pour un hiver au chaud complètent le poêle par les rideaux, la literie et les fenêtres.

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