La façade du Domaine de La Monestarié, chambres d'hôtes dans le Tarn
La façade couleur miel et ses menuiseries vert jade. © Philippe Danjou — Maisons à Vivre Campagne n°137.

Chambres d’hôtes dans le Tarn : le Domaine de La Monestarié, une villa toscane près d’Albi

À quelques kilomètres d’Albi, le Domaine de La Monestarié a des airs de villa toscane. Ces chambres d’hôtes dans le Tarn occupent une bâtisse du XVIIe siècle, entourée d’un parc de pins parasols et d’un étang. Rebecca et Didier en ont fait leur projet de vie.

D’après le reportage d’Anne Valéry, photos Philippe Danjou, paru dans Maisons à Vivre Campagne n°137.

La façade du Domaine de La Monestarié, chambres d'hôtes dans le Tarn
La façade couleur miel et ses menuiseries vert jade. © Philippe Danjou — Maisons à Vivre Campagne n°137.

Des chambres d’hôtes dans le Tarn nées d’un retour aux sources

Au départ, il y a une envie de changer de vie. Rebecca et Didier cherchaient surtout à construire un projet à deux. Leur liste était précise : une grande maison avec des dépendances, du terrain, un espace personnel pour vivre, cinq chambres d’hôtes et des lieux de réunion.

S’ajoutait enfin une condition plus intime, celle de revenir dans leur région d’origine. Ils ont trouvé leur bonheur entre Albi et Gaillac, sans s’éloigner de Revel, leur terre natale. La bâtisse date du XVIIe siècle et a été remaniée au XIXe.

Une allure toscane en pleine Occitanie

On accède au domaine par une longue allée bordée de cyprès, de pins parasols et de lauriers-roses. La façade apparaît ensuite, couleur miel, soulignée de menuiseries vert jade. Le crépi à la chaux tire légèrement sur le rosé. L’illusion toscane est immédiate.

Le parc prolonge cette impression. Un étang y accueille le glissement silencieux de grandes oies blanches. Des coins de repos ont par ailleurs été aménagés pour les hôtes, dont une balancelle suspendue à un arbre. Derrière le pigeonnier, construction emblématique de la région, un petit salon d’été s’abrite sous un auvent.

On y accède par une longue allée bordée de cyprès, de pins parasols et de lauriers-roses.

Un patio de brique au cœur de la maison

L’entrée annonce d’abord le classicisme : un carrelage à cabochons, mariage de dalles octogonales et de petits carreaux noirs, et un imposant escalier de pierre. Puis l’ambiance change totalement.

Un grand patio de brique, entouré de galeries couvertes, forme en effet le cœur historique de la propriété. Il s’organise autour d’une fontaine cernée de haies basses en buis. Les arcades, aux voûtes et piliers de brique, protègent de la pluie comme du soleil. On y installe donc volontiers salon et salle à manger. La porte ancienne en bois clouté, elle, a été conservée et à peine décapée.

Patio de brique, arcades et fontaine du Domaine de La Monestarié
Le patio de brique, cœur historique de la propriété. © Philippe Danjou — Maisons à Vivre Campagne n°137.

Le parti pris de l’architecte : révéler plutôt que refaire

La maison était déjà exploitée en chambres d’hôtes, donc sans gros travaux à prévoir. Les propriétaires ont pourtant fait appel à l’architecte d’intérieur Jérôme Saysset. Son intervention reste discrète : elle met en lumière les matériaux anciens, les volumes généreux et les détails d’époque.

Certaines chambres conservent ainsi des fragments de papiers peints du XIXe siècle, aux nuances franches. Loin de les masquer, l’architecte en a fait le fil conducteur de toute la palette décorative. C’est le genre de décision qui distingue une restauration d’une rénovation. Ce goût du détail ancien rejoint celui des objets vintage à chiner en 2026.

Un décor XIXe bousculé par le design

Le salon des hôtes a gardé ses moulures, ses stucs et ses trumeaux de cheminée. On y a toutefois glissé des meubles et des tapis nettement plus contemporains. Dans le prolongement, une bibliothèque peinte d’un bleu soutenu crée un volume propice à la lecture, avec tapis et canapé Bubble de Roche Bobois.

Salon aux moulures XIXe meublé de pièces contemporaines
Le salon des hôtes a gardé ses moulures, ses stucs et ses trumeaux. © Philippe Danjou — Maisons à Vivre Campagne n°137.

La salle à manger, réservée aux petits déjeuners des jours gris, joue quant à elle sur de belles portes peintes aux rechampis raffinés. L’espace bibliothèque abrite enfin un bel ensemble de livres anciens.

Bibliothèque peinte dans un bleu soutenu
Dans le prolongement du salon, la bibliothèque bleue. © Philippe Danjou — Maisons à Vivre Campagne n°137.

Des chambres où le rangement devient architecture

C’est dans les chambres que l’envie de design s’exprime le plus. Le menuisier-agenceur Escrive y a imaginé d’imposants meubles multifonctions. Ils dissimulent les écrans, servent de rangement, et se muent parfois en cloison grâce à des portes à galandage qui séparent la chambre de la salle de bains.

Cette note contemporaine s’harmonise pourtant avec les moulures et les stucs très XIXe. Certaines chambres ont d’ailleurs gardé leurs sols en marqueterie de bois, prouesses des menuisiers de l’époque. Dans l’une d’elles, aux tons verts, un panoramique végétal épouse la forme arrondie d’une voûte. Les salles de bains, elles, étonnent par leurs volumes.

Chambre conservant son papier peint du XIXe siècle
Certaines chambres ont gardé leurs papiers peints XIXe. © Philippe Danjou — Maisons à Vivre Campagne n°137.

Quinze mois pour réveiller la belle endormie

Le chantier aura duré quinze mois. Le domaine accueille désormais des hôtes de passage, dans un décor où l’ancien n’a jamais été effacé. C’est ce qui le rapproche d’autres adresses que nous aimons, comme Casa Estrelita et son mode slow life ou cette maison bourgeoise transformée en cocon lumineux à Elbeuf.

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